Monsieur le Président de la Communauté d’Agglomération GSP&O, Cher Philippe TAUTOU

Monsieur le Président du Centre des Monuments Nationaux, Cher Philippe Belaval,

Monsieur le Président de la Fondation le Corbusier, Cher Antoine Picon

Monsieur l’Administrateur de la Villa Savoye, Cher David Madec

Mesdames et Messieurs les Elus,

 

Mesdames et Messieurs,

 

Laissez-moi vous faire une confidence.

Certains d’entre vous le savent, j’ai dans mon bureau, en Mairie de Poissy, une petite maquette de la Villa Savoye.

Installée dans un des rayonnages de ma bibliothèque, elle me fait face pendant les réunions, parfois courtes, parfois logues, parfois très longues, avec les services ou les Pisciacais.

De temps à autres, au milieu de ces réunions ou entre deux rendez-vous, mon regard s’arrête sur cette petite maquette. Il m’arrive alors de prendre un instant pour l’observer avec un peu plus d’attention que tous ces objets qui font mon décor quotidien et que je ne vois plus.

Selon mon humeur et les sujets qui m’occupent ou me préoccupent, cette maquette sait généralement trouver les mots pour me tirer de mes interrogations.

Elle m’inspire.

Elle me parle de modernité.

Elle m’invite à sortir des sentiers battus.

Elle mobilise mon imagination.

Elle m’oblige à faire preuve de poésie ou de fantaisie quand des sujets semblent bloqués par les règles et normes administratives.

Elle me rappelle que la réponse «On a toujours fait comme ça», n’a rien d’irrémédiable, même dans l’administration.

Elle m’emmène dans des voyages fantastiques au cœur du film Mon Oncle de Jacques Tati, dont la villa Arpel, personnage central du film, est un hommage sans équivoque à la Villa Savoye.

Sachez-le, chers amis, il pourrait arriver, à cette simple petite maquette de présider aux destinées de Poissy, tellement comme cette Villa, elle transporte.

Les cinq points de l’architecture moderne de Le Corbusier valent à eux seuls un Musée…

Ma petite maquette de la Villa Savoye m’inspire et me parle.

Parce qu’au fond, la Villa Savoye n’est pas qu’un simple bâtiment. Elle n’est pas qu’un amalgame de béton à la rigueur en bandoulière, à la variabilité subjective, à l’unité singulière.

C’est une œuvre.

Une œuvre de l’esprit.

Un témoignage de la modernité.

Une création artistique.

C’est l’œuvre d’un artiste autant que la création d’un architecte. 

 

Ce n’est pas une maison, c’est un manifeste. 

Elle vient corroborer l’idée défendue par Le Corbusier lui-même selon laquelle «l’architecture n’est pas un métier, c’est une tournure d’esprit».

 

C’est justement cette tournure d’esprit qui m’inspire quand je contemple ma petite maquette. 

C’est cette tournure d’esprit qui doit nous inspirer tous. Dans notre quotidien. Dans nos décisions. Dans nos choix parfois iconoclastes… 

C’est cette tournure d’esprit qui mérite un Musée. 

Elle mérite d’être expliquée. 

Elle mérite d’être présentée au plus grand nombre. 

Elle mérité d’être enseignée et comprise. 

 

C’est pour cela que je suis si heureux aujourd’hui, chers amis, que nous nous retrouvions une nouvelle fois à la villa Savoye, pour poser une nouvelle pierre sur le chemin de la création du futur Musée Le Corbusier que nous appelons de nos vœux. 

J’ai conscience que cette convention n’est qu’une étape dans le long chemin qui nous reste à parcourir jusqu’à la création de ce Musée. Mais une intention claire et déterminée. Au nom de Le Corbusier. En hommage aussi à André Malraux, ministre du Général de Gaulle qui a sauvé cette Maison dans les années 60. Au nom de l’intérêt supérieur de notre territoire. Si la Communauté Urbaine a été voulue par le législateur, façonnée le long de l’axe Seine avec ses 73 communes, c’est justement pour voir émerger de tels projets. Unique au Monde.  

Alors c’est vrai. Tant reste à faire. Tant reste à décider.

Et en même temps, nous avons tant d’atouts. 

Cinq partenaires de très grande qualité, avec la Fondation Le Corbusier, le Centre des Monuments Nationaux, la DRAC, la Communauté Urbaine et la Ville de Poissy. Bientôt le Conseil Départemental et le Conseil Régional d’ile de France.

Des archives exceptionnelles avec plus de 500 000 documents qui ne demandent qu’à être présentés au plus grand nombre.

Des ressources scientifiques et techniques hors du commun. 

Une volonté commune...


Et bien sûr une tournure d’esprit qui va nous permettre de faire de très grandes choses ensemble. 

 

Mes chers amis, je forme le vœu que l’esprit de Le Corbusier et sa tournure d’esprit éclairent encore longtemps nos décisions et qu’ils nous permettent de relever les nombreux défis qui nous attendent avant la création du Musée Le Corbusier à Poissy.

Comptez sur moi, sur la détermination de mes collègues élus,  pour façonner ce projet lumineux comme l’a fait ici l’architecte et ses  “heures claires”. La petite maquette dans le rayonnage de ma bibliothèque me le rappelle au quotidien.

Je vous remercie de votre attention.