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Karl Olive,
Maire de Poissy,
Vice-président de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise
Vice-président du Conseil départemental des Yvelines

 

Mesdames et Messieurs,

Chers Pisciacaises, Chers Pisciacais,

L’histoire est un éternel recommencement.

Hervé Gourdel, Charlie, l’HyperCasher, le Bataclan, le Stade de France, le 13 novembre, Bruxelles, Orlando, Magnanville, et encore ceux en Afrique, en Syrie. Et aujourd’hui Nice.

L’histoire est un éternel recommencement. Mais ce recommencement-là, on n’en veut pas. On n’en veut plus. Y’en a marre ! Marre de ces barbares, de ces assassins illuminés par une raison qui n’a d’autres explications que leur folie aveugle drapée dans des alibis religieux sans fondement.

Jeudi soir, à l’heure où les feux d’artifice éclairaient le ciel de Nice en bouquet final de notre Fête Nationale, ce sont 84 citoyens à qui on a fauché la vie. Sauvagement. Lâchement. Des français, des américains, des italiens, des norvégiens, des marocains. Des parents, des enfants, de jeunes enfants, des grands parents. Des catholiques, des musulmans. Des citoyens du monde tout simplement. Des centaines de blessés toujours en soin, et des millions de français traumatisés.

La ville de Nice est en deuil. La ville de Poissy est en deuil. Les Yvelines sont en deuil. Une fois de plus, toute La France est en deuil.

Nous pleurons nos concitoyens. Innocents de tout. Assassinés un 14 juillet. En bleu blanc rouge.

Un 14 juillet de liberté

Un 14 juillet d’égalité

Un 14 juillet de  fraternité.

Oui, et vous le savez, Nice, c’est nous

Nice, c’est vous

Nice, c’est la France

L’objectif de Daesh et de tous les groupes islamistes qui le rallient est l’extermination de notre culture, de notre civilisation et de nos valeurs.

Ici en France, nous sommes les élus d’une population qui appartient à une nation millénaire. Nous devons nous rappeler que notre nation a le devoir de défendre ses valeurs lorsqu’elles sont agressées.

Aujourd’hui, nos valeurs humanistes porteuses de paix en Europe et dans le monde, garantissant nos libertés, ont été à nouveau violemment attaquées, bafouées et humiliées. Nous sommes sous le choc. La meilleure réponse à cette barbarie, c’est d’affirmer quotidiennement dans nos actes et dans nos paroles notre attachement aux valeurs démocratiques de liberté et de laïcité qui sont au cœur de notre belle République et qui guident nos actions locales.

C’est ça La France,

Elle est belle notre France.

On l’aime notre France.

La France, ce sont ces bougies sur le parvis de l’hôtel de ville. Que je vous invite à venir allumer. Comme je vous invite à signer le registre à condoléances qui sera ensuite envoyé à Nice.

Ces bougies ne pèsent pas grand-chose à côté d’un assassin au volant d’un poids lourd.

Mais ces bougies représentent tellement dans nos cœurs. Elles éclairent nos vies, elles nous donnent la lumière, elles symbolisent l’espoir. Le jour où l’on ne sera plus capables d’allumer de simples bougies alors nous passerons définitivement de la lumière à l’ombre. Et le France ne sera plus la France.  

Trop souvent depuis septembre 2014, nous nous retrouvons ensemble pour pleurer nos morts... Pour partager nos blessures. Pour entendre nos cœurs saigner.

Ici à Poissy nous ne doutons pas. Nous ne rechignons pas. Nous sommes solidaires. Et , ce n’est pas un vain mot. Et s’il faut nous retrouver encore, alors nous nous retrouverons encore tous ensemble.

Comme pour Magnanville, comme pour Charlie, comme pour le 13 novembre, nous tenons à apporter notre pierre à cet édifice de paix en démontrant une concorde locale sans précédent.

Je veux saluer ici solennellement les policiers municipaux de Poissy, les forces de police nationale et les gendarmes qui réalisent un travail exceptionnel et remarquable au quotidien dans un contexte où l’Etat d’urgence prend tout son sens.  Ils veillent sur notre sécurité. De plus en plus au péril de leur vie. Et je réaffirme ici, que la sécurité est belle et bien notre première des libertés.

Depuis vendredi matin, les drapeaux de la ville sont en berne. Ici, à l’Hôtel de Ville, plus loin dans toutes les écoles et les bâtiments publics.

Avec émotion et gravité, je tiens à remercier l’ensemble des représentants des cultes de Poissy. Nos amis catholiques, nos amis musulmans, nos amis protestants, nos amis juifs qui sont à nos côtés. Je tiens à remercier l’ensemble des élus municipaux, majorité et opposition confondues qui ont répondu à l’unisson. Tout comme nos jeunes du conseil municipal junior, symbole d’une génération qui affirme sans complexe son engagement en bleu blanc rouge.

Je remercie les agents de la ville de Poissy qui sont ici avec nous. Merci aux chefs d’entreprise, aux commerçants, qui participent à cette solidarité. Merci aux anciens combattants, aux pompiers yvelinois, à la Croix Rouge, à la protection civile. Merci à vous tous chers Pisciacais.

La France est en guerre. Nous devons y faire face. Au quotidien. Sans état d’âme.

Notre pays est en Etat d’Urgence absolue. Et notre réponse doit être absolue.

La France est un pays de droit et de liberté. Mais sûrement pas une terre où l’on peut tout faire, bafouer les règles, oublier ses devoirs et manquer de respect. Marre de voir ces condamnés, parfois ces assassins sortir de prison à peine après y être entré. Et encore, quand ils y entrent Avec des remises de peine qui ne veulent rien dire et qui affaiblissent notre pays. C’était le cas à Nice. Un délinquant en préventive. 84 morts à l’arrivée, c’est cela la préventive !

La loi c’est la loi. Elle est dure, mais c’est la loi. Et la même pour tous. C’est inscrit dans notre constitution. Il est temps que les élus, nos gouvernants, de gauche comme de droite s’en souviennent quand ils sont aux affaires.

Remettez nous un service national pour tous pour que nos jeunes, d’où qu’ils viennent apprennent les valeurs de la République, le respect et la discipline.

Arrêtons de tergiverser pendant des mois pour savoir si oui ou non il faut armer nos policiers municipaux. Là encore, des morts sont passés depuis. Et nous n’avons toujours pas de réponse. C’est ça l’état d’urgence.

Charles Pasqua disait : Il faut terroriser les terroristes. Il avait raison.

Je ne me résous pas, je ne me résoudrai jamais à voir ces enfants, tout jeunes, comme jeudi, arrachés au bras de leur parent et de leur grand parent alors qu’ils venaient profiter de la fête et vivre leur vie.

C’est insupportable.

   

En tant que Maire de Poissy, marié et père de jeunes enfants, au nom de tous les Pisciacais, je m’associe à la douleur des proches des victimes qui ont perdu un frère ou une sœur, un père ou une mère, un fils ou une fille, un mari ou  une épouse, un ami.

« La paix est un rêve qu’on veut tous réaliser un jour ». C’est ce que j’ai pu lire de l’un d’entre vous sur le registre à condoléances.

Partageons ce vœu.

Pour nos amis de Nice, pour nous tous,

Nice est et restera debout

Poissy est  et restera debout

La France est et restera debout

Vive Poissy, Vive la République et vive la France !