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Karl Olive,
Maire de Poissy,
Vice-président de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise
Vice-président du Conseil départemental des Yvelines

 

Madame La conseillère départementale, Chère Elodie Sornay

Mesdames et Messieurs les Elus,

Mesdames et Messieurs les Porte-Drapeaux,

Mesdames et Messieurs,

Chères Pisciacaises et Chers Pisciacais,

 

Indochine, une guerre qui ne voulait pas dire son nom.

Indochine, loin du regard de la Métropole qui se reconstruit

Indochine, la douleur silencieuse des soldats de renom

Indochine, une guerre qui ne doit pas tomber dans l’oubli

Il me paraît important de commencer par ces quelques vers en forme d’hommage à nos soldats français tombés dans cette terre d’Extrême-Orient. 20 000 Français, 11 000 légionnaires, 15 000 Africains et 46 000 Indochinois sont morts pour la France. De l’autre côté, les troupes Viêtminh enregistrent 500 000 morts durant les 8 années de guerre. Une véritable hécatombe. Mais ce conflit, il faut le dire, débute loin des préoccupations de la Métropole française. Pour comprendre cette guerre, il faut revenir au commencement. Après la Seconde guerre mondiale, la nation française tente de se reconstruire. Elle doit remettre sur pied le pays dévasté par les combats contre l’Allemagne. Pourtant, dès septembre 1945, Hô Chi Minh, le chef du parti communiste vietnamien, proclame la République démocratique du Viêt-nam. Dans le même temps, la France envoie le corps expéditionnaire français d’Extrême-Orient sous le commandement du Général Leclerc. A ce moment, les intérêts français dans nos colonies doivent être protégés. D’autant plus que les Britanniques et les Chinois sont déjà en Indochine pour démanteler les forces japonaises restantes. La France, elle, n’a toujours pas l’accord des alliés, surtout des Américains, pour rétablir sa présence dans sa colonie.Le général Leclerc, le Libérateur de Paris, obtient des alliés le droit de débarquer ses troupes seulement à partir d’octobre 1945. Les premières forces blindées françaises arrivent sur les quais de Saïgon, le 15 octobre. Pour l’heure, 2 000 hommes et 500 véhicules les composent. Cela semble bien peu pour démarrer. Malgré cela, le général Leclerc reprend peu à peu les différentes possessions françaises, du Cambodge au Laos en passant par la Cochinchine. Et ce notamment par la négociation. Après les horreurs de l’Allemagne Nazie, personne ne souhaite de nouveau connaître l’effroi de la guerre. L’opinion publique semble indifférente au conflit en Indochine. La Métropole aspire à une paix profonde. D’autant plus que l’instabilité politique règne. En France, le 5 mai 1946, la population refuse le projet de constitution nationale. L’assemblée constituante est dissoute. De nouvelles élections se tiennent le 2 juin. Le 13 octobre de la même année, la France accepte la constitution de la IVème République par référendum avec seulement 53.5% de oui. La France vit des heures fragiles à quelques semaines du début de la guerre. Souvenons-nous d’une chose

 

Les soldats combattent pour les intérêts de la France en Indochine. Seulement, l’opinion française est obnubilée par les dissensions politiques de la 4ème République naissante. Pour ne rien arranger dans le sort de nos courageux combattants, des dissensions apparaissent entre les officiers français. 

 

L’amiral Thierry d’Argenlieu, Haut-Commissaire pour l’Indochine, se trouve en opposition avec son second, le général Leclerc, en charge des opérations militaires. Et ce, aussi bien dans les méthodes que dans les négociations avec les forces vietminh.

Cela se termine par le départ de Leclerc. Il quitte son commandement en juillet 1946 en étant désigné Inspecteur des forces terrestres françaises en Afrique du Nord. 

De lui-même, il sait que le combat s’annonce difficile pour ces soldats de métier, loin de leur pays. Le général Leclerc leur ordonne de tenir coûte que coûte. Et il leur dit le jour de son départ le 12 juillet 1946: « Continuez à défendre les intérêts français ! Pour cela, s'il le faut, tendez la corde, tirez dessus, tirez pour la France. Mais surtout qu'elle ne casse jamais : il nous faut la paix ».

Le 19 décembre 1946, Hô Chi Minh lance l’insurrection générale contre la France. Il s’ensuit 8 longues années d’une guerre bien différente des précédentes. Encore une fois, peu de gens comprennent ce qu’il s’y passe. Nos soldats découvrent une guerre sans ligne de front. L’ennemi se cache et attaque par vagues.Indochine, on l’oublie souvent.

 

Les Vietminh développent la tactique de la guérilla, mêlant à la fois la surprise et la dispersion rapide. Dans ces zones montagneuses, l’ennemi disparaît en un soupir. Le harcèlement devient une arme psychologique des plus efficaces. Indochine, on l’oublie souvent.

 

En revanche, la bataille Dien Bien Phû reste ancrée dans notre mémoire. On se souvient de la défaite des forces françaises. Mais souvenons-nous aussi des raisons.

 

Débutée le 13 mars 1954, elle se terminera le 7 mai. La garnison française forte de 12 000 hommes fait face à une armée de 70 000 hommes qui l’encercle sur les hauteurs de collines aux doux noms de Béatrice, Dominique, Françoise et bien d’autres encore. Depuis la victoire des communistes en Chine en 1949, les Vietminhs reçoivent des armes lourdes et des camions d’origine soviétique. Une puissance de feu inconnue des forces françaises. Indochine, on l’oublie souvent.

Sous une pluie de bombe, les Français retrouvent la nécessité des tranchées. Le Général Giap, commandant l’armée Vietminh, dispose de plus de 100 pièces d’artillerie. Aux côtés de 70 000 soldats, il peut compter sur 60 000 auxiliaires qui ravitaillent sans cesse les positions de l’ennemi. Le rapport de force rend le courage de nos soldats français d’autant plus admirable. 56 jours de siège, 56 jours de bombardements, 56 jours d’héroïsme. Indochine, on ne l’oubliera jamais.  

 

Par notre présence, en ce jour, continuons à commémorer leur mémoire et à se souvenir sans cesse des femmes et des hommes qui ont combattu. N’oublions jamais les héros de cette guerre d’Extrême-Orient. J’en profite pour saluer tous les Pisciacais qui ont connu ce conflit. Et parmi eux, j’ai une pensée pour Madame Léa Estrée qui n’a pas pu être parmi nous pour des raisons de santé. Ayons une pensée pour elle.

 

Je salue également

Madame Jeanne Trugeon    

Monsieur Théo Tutko

Merci  à vous tous pour votre engagement !

Permettez-moi de finir ce discours avec ces quelques vers du poème « Nostalgie » de François Nécas, un soldat français né en Indochine qui a combattu durant ce conflit.

« La folie des hommes a mis fin à cette sérénité,

Sur les lèvres les sourires s'étaient depuis figés,

Irrésistiblement chacun a subi son destin obscur,
L'amour, la solitude, la violence, la mort, l'aventure.

Depuis tes fleuves aux courants rapides et impétueux
Ont charrié tant de morts innocents dans leurs flots boueux.
Le soir, quant le vent soupirait sur les berges profondes,
Il me semble entendre geindre et pleurer au fil de l'onde.

Après les affres des violences et d'instincts déchaînés,
VIETNAM, je te garde mon affection désintéressée.
Par mon cœur et par mon sang je te reste attaché,
Malgré l'exil, l'éloignement et les erreurs du passé »

 

Vive Poissy !

Vive la République, Vive la France !