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Karl Olive,
Maire de Poissy,
Vice-président de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise
Vice-président du Conseil départemental des Yvelines

 

Monsieur le ministre, cher David Douillet,

Madame la Conseillère départementale, Chère Elodie Sornay,

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames et messieurs les Portes Drapeaux,

Commandant Bernard Albert,

Mesdames et messieurs les représentants de la Police municipale,

Mesdames et Messieurs,

Mes chers amis,

En 1945, à la libération des camps de la mort, un ancien déporté prononcera ces mots : « J’ai résisté pour pouvoir témoigner ». Il est cependant des dates historiques dont on ne voudrait jamais fêter les anniversaires. Ce sont celles des tragédies de l’âme humaine. Pourtant, honorer la mémoire de nos morts est plus qu’un devoir envers le passé, c’est une nécessité du présent et une exigence pour l’avenir. Aujourd’hui, comme chaque dernier dimanche du mois d’avril, nous honorons la mémoire des millions de victimes de la déportation. En respectant ce devoir de mémoire, nous affirmons que notre devoir de femme et d’homme libres est de traduire dans notre vie quotidienne qu’il vaut mieux être démocrate que totalitaire, libre qu’asservi, tolérant que sectaire. L’histoire est souvent un cycle répétitif. Ou un éternel recommencement. L’homme qui n’apprend pas de ses erreurs se condamne à les revivre sans cesse. C’est pourquoi, la lecture régulière devant ce monument aux morts des pages tourmentées et douloureuses de notre histoire nationale est un acte de fidélité à vocation pédagogique. Nous ne sommes pas seulement réunis dans le souvenir, mais à travers le témoignage des survivants. J’ai souhaité ce matin vous lire un extrait des mémoires d’une femme exceptionnelle. Une femme politique française dont l’enfance a été marquée par l’horreur de la déportation. Cette femme c’est Simone Veil. écoutons là : « Rien ne s’efface : les convois, le travail, l’enfermement, les baraques, la maladie, le froid, le manque de sommeil, la faim, les humiliations, l’avilissement, les coups, les cris... rien ne peut ni ne doit être oublié. Mais, au-delà de ces horreurs, seuls importent les morts : la chambre à gaz pour les enfants, les femmes, les vieillards, pour ceux qui attrapent la gale, qui clopinent, qui ont mauvaise mine ; et, pour les autres, la mort lente. Deux mille cinq cents survivants sur soixante-dix-huit mille juifs français déportés. L’atmosphère du crématoire, fumée et puanteur, de Birkenau. Je ne l’oublierai jamais. Là-bas, dans les plaines allemandes, s’étendent désormais des espaces dénudés sur lesquels règne le silence ; c’est le poids effrayant du vide que l’oubli n’a pas le droit de combler et que la mémoire des vivants habitera toujours. » Nous sommes aussi réunis ce matin dans la connaissance. Nous sommes là pour apprendre, pour comprendre, pour résister au risque de la récidive que nous voyons surgir ici et là à travers le monde, sous les mêmes idéaux racistes, antisémites et xénophobes. Que nous évoquent les noms d’Auschwitz, Birkenau, Dachau, Buchenwald, Treblinka ?

Que nous évoquent les noms d’Auschwitz, Birkenau, Dachau, Buchenwald, Treblinka ? Que nous rappelle le souvenir des innocents sacrifiés, gazés, tués, pour leur origine, leurs convictions, leur orientation philosophique, religieuse, politique, sexuelle ? 11 millions d’êtres humains ont péri, sous le poids de la folie nazie. Tous reposent désormais sans sépulture, et les cendres échappées des fours crématoires crient à la conscience universelle : « Plus jamais ça ! ». Ce cri, qui fut aussi celui des survivants libérés des camps, nous devons l’entendre. Ce cri ne sera jamais un détail de l’histoire. Ce cri nous devons nous en saisir, nous devons le faire nôtre, aujourd’hui, pour ne pas succomber aux dérapages contemporains, pour ne pas périr à notre tour. L’occupation, la déportation, l’Holocauste ont été les conséquences directes d’abord du laisser dire, puis du laisser-faire des démocraties qui ont tardé à saisir le danger que constituait Hitler pour l’humanité. Soyons donc vigilants et combatifs en cette période marquée par l’émergence de nouvelles doctrines barbares qui entendent réduire l’humanité pensante tout comme les minorités religieuses, dans une approche chaque jour de plus en plus génocidaire. Soyons aussi et surtout intransigeants sur le respect de nos valeurs, sur le respect du socle commun sur lequel notre République, nos démocraties ont été construites. Notre devoir pour les victimes de la Shoah, c’est non seulement celui de la mémoire et de l’hommage, mais aussi celui de l’engagement contre les répliques de l’holocauste. Aujourd’hui, le germe de l’antisémitisme est plus que jamais vivace, y compris chez nous en France. Aujourd’hui, la folie destructrice, est dans un islam dont l’idéal de paix est dévoyé par le radicalisme djihadiste, raciste, antisémite, anti-occidental, anti-chrétien,anti-humanité. Aujourd’hui, ces radicaux frappent et sèment la terreur par des attentats en France, en Belgique, au Danemark, en Turquie, au Pakistan et dans bien d’autres pays. Aujourd’hui la bête immonde, s’attaque aux Chrétiens d’Orient et aux minorités ethniques et culturelles d’Irak, de Libye, de Syrie, d’Afrique. Nous avons le devoir de combattre l’obscurantisme religieux, racial et social. Nous avons le devoir de promouvoir la vie comme un droit universel. Nous avons le devoir de défendre haut et fort nos valeurs républicaines, la Liberté, l’Egalité, la Fraternité et la laïcité qui nous rassemblent ici, en France, terre des Droits de l’Homme. Telle est la vocation de la France et de chaque Français. Ce qui se passe aujourd’hui en France, à nos portes et à travers le monde nous regarde et nous concerne tous. La France, le Monde, doivent éradiquer l’état Islamique et toutes ses ramifications pour permettre aux minorités de se maintenir sur leur terre et construire une nouvelle société où chacun pourra vivre libre et dans le respect de la liberté de l’autre. Mais cette bête immonde est aussi chez nous, en France, chez ces radicaux islamistes qui veulent s’attaquer aux juifs, aux églises, à tous les Français. Donnons du sens à l’histoire d’aujourd’hui, un sens différent de l’histoire d’hier, pour que cette génération, la nôtre, celle de nos enfants, n’ait jamais à connaître les souffrances du siècle passé. Pour cela, il y a urgence à promouvoir sur le terrain politique comme sur le terrain religieux et philosophique une éthique de l’homme moderne, une éthique de l’homme vivant. Ce devoir, c’est nous qui le tenons. Dans notre cœur, dans notre esprit, dans nos mains. Choisissons le partage, l’écoute et le respect des autres plutôt que l’ignorance, le mépris qui conduisent toujours à la haine et à l’horreur. Chaque être humain est riche, riche de ses cultures, de ses différences. Partageons-les pour que demain notre Nation sorte plus forte de ces jours difficiles. Méditons les mots de Chateaubriand : « Les vivants ne peuvent plus rien apprendre aux morts, mais les morts au contraire instruisent les vivants »