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Karl Olive,
Maire de Poissy,
Vice-président de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise
Vice-président du Conseil départemental des Yvelines

 

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Préfet,

Madame la Conseillère régionale,

Monsieur le Conseiller général,

Mesdames et Messieurs les Elus,

Mesdames et Messieurs les Porte-Drapeaux,

Mesdames et Messieurs,

Chers Pisciacaises, Chers Pisciacais,

Il y a 69 ans, l’Allemagne hitlérienne capitulait. Le 8 mai 1945, un monde nouveau naissait de cette terrible épreuve, et sur les décombres de notre continent, des millions de gens, reprenaient espoir. Une terrible épreuve qui, pour notre Nation, avait commencé par la capitulation de son armée en 1940, se terminait enfin; Une défaite psychologiquement très lourde qui devait se poursuivre par une occupation dont les conséquences sont malheureusement encore trop présentes dans nos esprits. Collaboration, déportation, extermination autant de souvenirs cruels dont je me faisais l’écho il y a quelques jours ici même lors la traditionnelle cérémonie en hommage à nos déportés Pourtant, dès juin 1940, certains de nos compatriotes avaient refusé cette capitulation. Rejoignant le Général de Gaulle à Londres, mettant en place les Forces Françaises libres et la Résistance, ces patriotes, allaient faire naître chez nos compatriotes cet indicible espoir qui ne les quitterait plus.... Parallèlement à la création de cette résistance, le maquis se constitua et forma très vite la lutte contre l’occupant, contribuant quelques années plus tard à la réussite des débarquements et à la libération de notre Nation. De quel courage ont-ils fait preuve, tous ces combattants de « l’armée des ombres » ! Grâce à eux, à leurs sacrifices, la liberté, notre liberté triompherait. Joseph Kessel écrivait : « Jamais la France n’a fait guerre plus haute et plus belle que celle des caves où s’impriment ses journaux libres, celle des terrains nocturnes et des criques secrètes où elle reçoit ses amis libres et d’où partent ses enfants libres, celle des cellules de tortures où malgré les tenailles, les épingles rougies au feu et les os broyés, des Français meurent en hommes libres. » En ce moment si solennel, comment ne pas avoir une pensée pour Jean Moulin, ce héros, unificateur de la Résistance, qui, à la demande du Général de Gaulle, créera le Comité National de la Résistance et deviendra l’un des personnages majeurs de notre histoire contemporaine. Nous rendrons d’ailleurs hommage à Jean Moulin, cet homme au destin d’exception, devant la stèle qui porte son nom dans quelques semaines. En ce 8 mai 2014, nous voilà ici rassemblés au pied de notre maison commune pour nous souvenir. Pour honorer, comme tous les ans, l’armistice tant attendu, l’anniversaire de la victoire des Alliés, et rendre hommage aux victimes de ces cinq années d’atrocités, aux victimes de l’une des guerres les plus meurtrières de l’histoire de l’humanité. En ce jour symbolique, nous rendons hommage à celles et ceux qui ont combattu et sont morts au nom de la liberté, mais aussi à toutes les victimes de cette tragédie. N’oublions jamais cette véritable hécatombe démographique : plus de 50 millions d’êtres humains périrent pendant cette terrible guerre. 

Ce sont ces morts, les victimes militaires des combats, les pertes civiles dans les bombardements et, bien sûr, les victimes des camps de la mort que nous honorons aujourd’hui. En cet instant, je souhaite avoir aussi une pensée émue pour les millions de morts de la 1ère guerre mondiale, celle que nos anciens avaient hélas appelée un peu trop vite « la der des der ». En cette année commémorative du 100ème anniversaire du début de cette guerre, la Ville de Poissy se mobilise et vous présentera à partir du 11 novembre une exposition qui retracera les heures sombres de ces 4 années. Mais dès aujourd’hui, dans le cadre de la collecte nationale de documents anciens, vous pouvez voir sur le balcon de l’hôtel de Ville, une première rétrospective représentant les documents donnés par les 38 familles de Pisciacais qui ont participé à cette opération. Je tiens à remercier le service des archives de la Ville pour le précieux travail de fourmi qui se poursuivra tout au long de l’année. Je vous encourage d’ailleurs à y apporter votre contribution en emmenant vous aussi vos souvenirs d’époque. Mais revenons à notre commémoration de ce jour. Poissy comme l’ensemble des Villes françaises a elle aussi été meurtrie. Notre Ville est en effet occupée de 1940 à 1944. Début juin 1940, le pont de Poissy voit passer de longues files de réfugiés fuyant vers le sud. Le 3 juin, la ville est bombardée par l’aviation allemande, puis le 13 juin, le Génie français mine le pont pour retarder l’avancée des Allemands. Le 1er mai 1943, une bombe atteint la maison centrale faisant 24 morts et 22 blessés. Le 26 mai 1944 un violent bombardement, impliquant 69 bombardiers, détruit le pont et provoque des dégâts en divers points de la ville, touchant notamment l’usine à gaz, et faisant 7 morts et 46 blessés dans la population civile. Poissy sera libérée par l’armée américaine le 26 août 1944. Les combats des jours précédents firent de nombreuses victimes, en particulier onze morts lors d’un bombardement le 18 août. Mais Poissy sera aussi une Ville où le mot résistance ne sera pas vain. Je souhaite en ce jour, en notre nom à tous, rendre un vibrant hommage à deux Pisciacais. Ma 1ère pensée ira tout d’abord à la mémoire de Jean-Joseph Pochat, grand résistant français qui nous a quitté en 2011 à l’âge de 87 ans. Homme admirable, il mit sa vie au service de sa Patrie. Prisonnier des Allemands, il subit la torture. Il terminera la guerre en rejoignant le 10ème bataillon américain des Rangers. Il viendra, dès 1947, s’installer dans notre cité et poursuivra une carrière dans le secteur de l’automobile. Je souhaiterais également mettre à l’honneur une femme de tête, une figure de la résistance pisciacaise. Geneviève Brousset, qui a été pendant de longues années une élue de notre ville, est aussi connue pour son combat pendant la seconde guerre mondiale et sa participation très active à la résistance. C’est avec une femme comme elle que les mots détermination, énergie, bravoure, patriotisme prennent tout leur sens. Geneviève, pour des raisons de santé ne peut être parmi nous ce matin. Merci Geneviève, de continuer, encore aujourd’hui, à aller dans nos collèges, nos lycées, passer le témoin de la mémoire à nos jeunes générations.

*** Forts de nos convictions républicaines, nous devons rappeler que le 8 mai devient chaque année davantage le moment de symboliser et de porter les valeurs de respect et de dignité tirées des enseignements de notre histoire. Le 8 mai 1945, c’est la fin de la peur, l’avènement de l’espoir. Comme le Général De Gaulle, tous ont eu foi en notre pays. Grâce à ces hommes et ces femmes, réunis par un idéal commun, la France a pu, après la guerre, retrouver, grâce au Général de Gaulle, son rang dans le concert des Nations. N’oublions pas les mots du Général de Gaulle : « Telle est la résistance française : indivisible comme la France elle-même qu’elle défend et qu’elle exprime, contribution nationale à notre pays martyrisé à la grande cause dont il fût, dont il est, dont il demeurera le champion, ardeur puissante et fraternelle d’où sortira le renouveau de la Patrie »

Plus que jamais, mes amis, Vive Poissy Vive la République , Vive la France !