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Karl Olive,
Maire de Poissy,
Vice-président de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise
Vice-président du Conseil départemental des Yvelines

 

Monsieur le Conseiller général,

Madame Sylviane Dauvert, représentant Christophe Delrieu, Maire de Carrières sous Poissy,

Mesdames et Messieurs les Elus,

Mesdames et Messieurs les Porte-Drapeaux,

Mesdames et Messieurs,

Il y a des années où le symbolisme est plus jamais présent. 2014 est de ces années-là. Il y a 100 ans débutait la grande guerre, Il y a 70 ans, les alliés débarquaient sur les plages de Normandie redonnant espoir à tout un peuple, à tout un continent meurtri, Il y a 70 ans les premiers camps de la mort étaient libérés, Il y a 70 ans enfin, notre chère Ville de Poissy était, elle aussi, libérée, après des derniers jours d’occupation particulièrement meurtriers. 2014 marque aussi le triste 60ème anniversaire de la bataille et de la défaite de Dien Bien Phu. Cette bataille marquera la fin de la guerre d’Indochine qui aura duré plus de 8 ans et qui aura vu de part et d’autre mourir plus de 500 000 soldats sans compter les blessés, les prisonniers, les nombreux civils également tués. La bataille de Dien Bien Phu est le moment clé et final de la guerre d’Indochine. Débutée le 20 novembre 1953, elle se terminera le 7 mai 1954 et opposera les forces de l’union française aux forces du Viet Minh. Dien Bien Phu, côté français et côté Viet Minh, est considérée comme « la mère de toutes les batailles » ; les Français estiment qu’elle constitue un verrou stratégique qui permettra de repousser l’avancée Viet vers le Laos. Tout a commencé sur les collines de la vallée, ces places fortes qui entouraient le poste de commandement du Général de Castries, chef du camp retranché. Quand le 13 mars 1954, les Vietminh passent à l’attaque, les Français sont impatients d’en découdre : « Qu’ils viennent ! » clament-ils, persuadés que leur puissance de feu, leurs avions, leur artillerie vont permettre de repousser l’armée Viet Minh dans un piège tendu par le corps expéditionnaire. Tout avait pourtant bien commencé pour l’armée des forces françaises quand le 20 mai 1953, grâce à l’opération Castor, 2 bataillons de parachutistes s’emparent de la vallée de Dien Bien Phu. L’organisation du camp français est faite pour assurer la défense de la piste d’aviation qui permet de recevoir renfort et ravitaillement.

Mais de son côté, le Viet Minh fait acheminer le matériel lourd en pièces détachées à dos d’homme ou d’âne. L’encerclement du camp se fait peu à peu. Sans bruit. L’attaque et la prise du camp se prépare. Les premiers assauts se font le 13 mars 1954. L’armée française préparée, ne s’attendait pas cependant à une telle puissance de feu. Ce fut le premier choc de cette bataille. Des milliers d’obus tombent en quelques heures, les abris des camps sont pulvérisés. Après une période d’accalmie, une seconde vague d’attaque reprend dès le 30 mars. Elle restera dans les mémoires comme la bataille des 5 collines. Le Chef des Viet Minh, le général Giap avait en effet fixé comme objectif les collines formant la défense du centre de résistance principal. Les tentatives françaises via les colonnes de secours au sol échouent. Les avions venant de Hanoï sont de surcroit gênés par les caprices d’une météo très difficile en période de Mousson. L’assaut final sera donné à partir du 1er mai. La chute de Dien Bien Phu sera effective le 7 mai 1954 à 17h30 par un appel au cessez le feu. Dien Bien Phu a été la bataille la plus longue, la plus dure et la plus meurtrière de l’après seconde guerre mondiale. 2293 soldats français laisseront leur vie au combat mais il y aura en tout 8445 de nos compatriotes qui ne reviendront pas de Dien Bien Phu entre les combats et la captivité. 11721 soldats seront faits prisonniers. Plus de 6000 d’entre eux mourront des suites de leurs blessures ou des traitements inhumains infligés par le Viet Minh. Ceux qui croient être sauvés en arrivant dans les camps de rééducation connaissent alors un autre calvaire avec la faim, la violence, l’endoctrinement. Nous pouvons être fiers de nos soldats. Certains, bien sûr, ont laissé leur nom dans l’histoire comme Bigeard, de Castries, le Bouder, Ménage. Mais n’oublions pas les milliers d’anonymes qui se sont battus pour la France et qui y ont laissé leur vie ou en sont revenus à jamais marqués dans leur chair. Un survivant de Dien Bien Phu disait anonymement que Dien Bien Phu resterait pour lui, 57 jours d’angoisse, de mort, de déluges d’obus, de tranchées remplies de cadavres, de renforts parachutés en vain dans la fournaise pour finir par le silence assourdissant de la défaite. La guerre restera toujours la guerre. Mais comme pour tous les événements dramatiques, il y a toujours une lumière, un espoir. Ce fut le cas à Dien Bien Phu où une jeune femme, Geneviève de Galard, infirmière de l’armée de l’air devint en quelques semaines une héroïne en soignant avec un courage inouï les blessés des forces françaises. Surnommée « Mam zelle » par des soldats éreintés elle eut ces mots que je vous demande de méditer « C’est en se surpassant que l’on arrive à grandir ».

Vive Poissy ! Vive la République, Vive la France !