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Karl Olive,
Maire de Poissy,
Vice-président de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise
Vice-président du Conseil départemental des Yvelines

 

Monsieur le Président du Conseil général, cher Pierre Bédier,

Monsieur le Député, cher David Douillet,

Monsieur le Président de la CCI, cher Gérard Bachelier,

Chers amis,

Merci à toutes et à tous d’avoir répondu aussi nombreux ce soir pour cette « première » dédiée aux entreprises. Notre territoire mérite bien des initiatives comme celle-ci, à l’image de ses valeurs, de son dynamisme et surtout, à la hauteur de ses ambitions ! Faire infuser davantage l’esprit d’entreprise, c’est l’impulsion forte que je veux donner, ici à Poissy et apporter ma pierre humblement à l’échelle du territoire, avec tous les élus qui m’entourent, avec tous les agents de la ville qui font un travail exceptionnel. Cet esprit d’entreprise, je veux qu’il soit un modèle d’inspiration pour tous nos concitoyens. Nous allons plancher ensemble pour faire bouger les lignes sur l’emploi, le développement économique et l’attractivité de notre territoire. Avec trois grandes figures des Yvelines : Gérard Bachelier, le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie, Pierre Bédier, le président du Conseil Général et David Douillet, le député de la 12ème circonscription. Que vous soyez chef d’entreprise (d’une TPE, d’une PME, d’un Groupe), artisan, professionnel libéral ou responsable associatif, vous prouvez chaque jour combien l’entreprise est cette base solide qui nous permet de croire en l’avenir. 2 Entreprendre, c’est une aventure humaine tout aussi essentielle que salutaire. C’est aussi une leçon rafraîchissante qui n’a rien à voir, et c’est tant mieux, avec la frilosité et la sinistrose qu’on veut nous donner en perfusion chaque matin ! Cette leçon peut se résumer de cette façon : En étant iconoclaste -dans le sens littéral du terme-, c’est-à-dire en démontrant un comportement d’hostilité manifeste à l’idéologie, En affirmant ses convictions et en n’ayant pas peur d’être obstiné, Alors, on peut rendre possible… l’impossible. Je veux dire, à chacun et chacune d’entre vous, qu’ici dans notre Département, dans cette partie de la Vallée de Seine que nous chérissons tant, non pas parce qu’elle permet des balades imaginatives et paisibles sur ses somptueuses berges, Je veux dire que notre Seine sera demain une vallée économique à nulle autre pareille. C’est ici que ça va se passer. Je veux y croire. Nous y croyons. Et nous y croyons parce que nous avons depuis longtemps compris que le salut passait par un postulat incontournable : le travail en équipe. Aujourd’hui, c’est main dans la main que la ville de Poissy, C’est main dans la main que nous échangeons et décidons avec le Département et son président, avec notre Député David Douillet qui a mis en place dès sa première élection en 2009 des réunions d’informations et d’échanges bimensuels avec l’ensemble des maires de la 12ème circonscription. Et quand un ancien Président de la République nous cite en exemple il y a quelques heures dans cette approche pragmatique qui consiste à écouter les acteurs du terrain puis à faire remonter les informations avant de prendre les décisions, et non pas l’inverse comme c’est le cas à gauche mais aussi à droite. Alors, On se dit, Enfin, ils nous ont compris: Merci, mais ça fait combien de temps qu’on le leur dit, combien de temps qu’on le leur crie. Sans jamais avoir été entendu. 3 Evidemment, il reste beaucoup à faire pour aider les entreprises : notamment en matière de fiscalité, dans les processus administratifs, dans la paperasse de toute sorte. Comme Pierre, comme David, comme vous, j’ai moi-même créé mon entreprise et comme vous je mesure ce que c’est de sauter sans filet, de sortir du cocon douillet, assisté, et parfois sur-assisté du salariat. Ici, sur ce territoire peu banal et riche de son histoire industrielle, on bouge, on crée, on a des idées. Cette belle aventure va se poursuivre avec le futur Pôle métropolitain Yvelines Paris Seine Aval, dont Pierre Bédier va nous parler dans quelques instants et pour lequel nous élus politiques, vous acteurs économiques, devons plus que jamais prendre conscience que les frontières purement communales, c’est fini, les batailles stériles entre élus pour conserver ses chapelles, c’est fini. Quand Poissy-Achères-Conflans s’apprêtent à se transformer en communauté d’agglomération en janvier 2015, En Gironde, un des exemples de bastion économique, l’agglomération de Bordeaux existe depuis 1968. En Bourgogne, Le Grand Dijon, exemple de réussite en matière de Tramway, est en communauté d’Agglo depuis 15 ans. Je vous le dis comme je le pense, il y a urgence, Si on ne se prend pas en main. Alors, nous pouvons leur faire confiance, ils vont nous la prendre,… sans jamais nous la rendre. Ou plutôt si, mais avec des doigts en moins ! Chacun dans votre domaine d’activité, vous avez accompagné les évolutions de ce beau territoire et contribué à son rayonnement. Vous avez développé le terreau économique local, vous avez créé de la richesse et de l’embauche. Alors comment aller plus loin aujourd’hui, notamment en faveur de l’emploi ? 4 Certes, comparé à l’échelle nationale, le département des Yvelines n’est pas le diplômé du dernier rang en matière de chômage (7,1 % de chômage contre 10,2 % sur le plan national). Mais faut-il nous contenter de cet état de fait ? Je ne le pense pas, surtout lorsqu’on sait le nombre d’emplois non pourvus dans les Yvelines : 21 000 postes attendent toujours leurs candidats... Personne n’en parle. Comment combler cette faille ? Comment rendre accessibles tous ces postes aux demandeurs d’emploi de notre territoire ? Ce soir, pour cette première, j’ai choisi de privilégier une piste, un angle qui m’est cher. Ma conviction profonde est qu’il faut miser sur l’apprentissage et l’alternance. Ce sera notre bulle d’air pour les années à venir. En 2012 : 11,6 % de jeunes en France étaient livrés à eux-mêmes et sortaient du système scolaire sans aucune qualification. Dans la situation économique actuelle, il faut mobiliser toutes les énergies créatrices d’emploi. Il n’est donc pas question de passer à côté du potentiel de ces jeunes, qui représentent un réel vivier pour les entreprises. D’autant que nous le savons bien, c’est l’école du terrain qui parle, ici comme ailleurs ! Combien de grands patrons, combien de réussites ont montré que le diplôme ne faisait pas forcément la carrière, bien au contraire ? Puis-je vous demander de lever la main celles et ceux d’entre vous qui viennent du terrain ? Aujourd’hui, la plupart des jeunes apprentis ont un travail, moins d’un an après la fin de leur formation. Alors oui, l’apprentissage est une valeur sûre, un véritable passeport pour l’emploi. Pourtant en France, le passif culturel est lourd, très lourd… 5 Dans les familles d’abord, l’apprentissage est souvent mal connu….. ou perçu comme le parent pauvre des études, une voie par défaut. D’après un sondage paru en février 2014, 69 % des Français ne savent pas grand chose de ses formations et 63 % pensent qu’elles ont une mauvaise image. Combien de fois entend-on aussi la peur des parents s’exprimer avec cet éternel « passe ton bac d’abord » ? Cette quête du diplôme à tout prix est souvent vouée à l’échec. On ne compte plus le nombre de jeunes qui trompent leur ennui dans les amphithéâtres des facs, avec à la sortie, peu d’espoir d’embauche et énormément de frustration. Alors que les différences font le ciment de notre société, il semble qu’on l’ait oublié pour la formation des jeunes ! Il y aurait les « bons » diplômes, la voie générale et royale d’un côté, et de l’autre, l’échec et les miettes ?

Ce n’est pas sérieux… Il y a une 3e voie possible. A l’école, c’est la même chose. L’apprentissage n’est pas mis en avant comme il le devrait. L’Education nationale se montre réticente à évoquer cette piste avec les élèves. Comme si l’apprentissage était une filière concurrente, une dangereuse intrusion de l’entreprise dans ses murs… Si nos conseillers d’orientation parlaient métier à nos gamins au lieu de leur parler systématiquement diplômes, on ferait un très grand pas dans la valorisation de l’apprentissage. Je rappelle ici que 500 métiers sont accessibles par l’apprentissage avec une formation diplômante à la clé. L’éducation nationale omet de le rappeler, mais c’est bien connu : le chameau ne voit pas ses bosses. Côté entreprises, certaines d’entre elles n’osent pas franchir le pas pour prendre un ou plusieurs jeunes en apprentissage. Dans ma carrière, d’Yvelines Première à Canal Plus, j’ai embauché près d’une centaine de jeunes en apprentissage. La plupart d’entre eux était en 6 échec scolaire. Mais La passion, le dépassement de soi ont très vite gommé l’absence ou le faible nombre de diplômes. Et aujourd’hui. Tous, sans exception, ont réussi aujourd’hui, sur l’ensemble des chaines nationales, en tant que présentateur, journaliste reporter d’images, producteur. Grâce à leur volonté, à leur curiosité et grâce aussi à la confiance qu’on a pu leur transmettre, ils ont acquis des bases solides pour se lancer dans la vie active. Via le centre de formation et de perfectionnement du journalisme, le CFPJ. Des bases peut-être même plus fortes qu’un « bac + 5 » qui ne s’est jamais frotté aux réalités de l’entreprise (vous savez, comme le héros du film Tanguy, qui reste éternellement chez papa-maman…). Ou encore le célèbre Forrest, dans Forrest Gump, ce jeune mec qui courrait, courrait et courrait encore après le générique de fin tellement il était paumé ! L’apprentissage, c’est du gagnant-gagnant, pour l’apprenti comme pour l’employeur. Être formé et qualifié en même temps, transmettre des savoirs, passer le témoin, c’est tellement valorisant quand ça marche ! Alors évidemment, quelques aberrations subsistent, notamment sur les lourdeurs administratives ou les contraintes de sécurité. Par exemple, la loi interdit à un apprenti charpentier de moins de 18 ans d’effectuer un travail en hauteur et de monter sur un escabot. Si ça ce n’est pas un comble pour un charpentier…Celui ou celle qui nous a imposé ça n’est pas prêt de nous inventer la machine à courber les bananes ! En France, l’apprentissage est en baisse (- 8% en 2013), avec 400 000 apprentis environ. En Allemagne, il est en hausse :1 million 600.000 apprentis. Taux de chômage des 18-25 ans en Allemagne : 15% En France, plus de 25%. Cherchez l’erreur ! 7 Comment dès lors encourager les entreprises à utiliser la voie de l’apprentissage ? Si l’on regarde au-delà de nos frontières, d’autres pays ont, depuis longtemps, misé sur l’apprentissage. Et ça marche. L’Allemagne par exemple, qui connaît le taux de chômage des jeunes le plus bas d’Europe, a développé une vraie culture de l’apprentissage. La formation en alternance n’est pas cantonnée à un secteur d’activité. Elle est présente dans de nombreux secteurs de l’économie comme le commerce, la banque, les assurances, l’industrie… Et les patrons allemands n’ont pas peur de recruter au bout de la formation. À l’arrivée, 60 % des apprentis sont recrutés par l’entreprise qui les a formés ! En Allemagne, 1 jeune sur 4 passe par la voie de l’apprentissage. Au Danemark, 1 jeune sur 5. Dans notre pays, on tombe à 1 sur 10… La chambre des métiers des Yvelines et son président Daniel Varlet tentent de tirer leur épingle du jeu. Une offre de formation répartie sur 12 métiers accueille chaque année 1200 jeunes. 80% d’entre eux obtiennent leurs diplômes et un emploi au terme de leur formation. Oui l’apprentissage, ça marche ! En France, on attend le fameux « choc de simplification » dans ce domaine… Le Président Hollande a déclaré juste avant l’été : J’ai décidé de regarder la réalité en face. Ca tombe bien, nous aussi, mais nous il y a bien longtemps, et il y a bien longtemps qu’on n’a pas la même vue. Personne n’avait d’ailleurs compris pourquoi le Gouvernement avait voulu, en 2013, supprimer l’aide aux employeurs pour l’apprentissage. Ni le Gouvernement lui-même, puisqu’il a fait marche arrière dès cet été, promettant de débloquer une enveloppe de 200 millions d’euros supplémentaires pour relancer l’apprentissage. Le Gouvernement a fixé l’objectif de 500 000 apprentis d’ici à 2017, en annonçant notamment : - La simplification des procédures administratives et réglementaires ; 8 - L’injection de 150 millions d’euros supplémentaires pour les CFA (centres de formation des apprentis) ; - Une place accrue de l’apprentissage dans les commandes publiques : l’apprentissage devrait désormais figurer dans les clauses des marchés ; - L’incitation financière pour l’employeur : 1000 € pour l’embauche de tout nouvel apprenti dans une entreprise de moins de 250 salariés ; 2000 € pour une entreprise de moins de 11 salariés. Ca vous concerne ! Ici à Poissy, la Ville, cette entreprise de 1100 agents, a anticipé parce que nous croyons en l’apprentissage. 26 jeunes ont été embauchés. D’autres suivront. Ce qui ne nous empêche pas de faire des économies. Nous annoncerons ainsi aux Pisciacais dans quelques semaines que nous avons diminué l’endettement de 2 millions d’euros depuis notre arrivée, n’est-ce-pas Jean-Frédéric Berçot, premier adjoint de la ville en charge des finances. Et nous voulons aller plus loin : à l’initiative de Lydie Grimaud, déléguée à l’emploi, le 11 avril 2015, un salon de l’alternance et de l’emploi dédié aux jeunes sera organisé pour la 1ère fois par la ville de Poissy. Rencontres, échanges avec les entreprises et les institutions, jobs dating… Les 16-25 ans de Poissy et des environs pourront se frotter aux réalités du marché. Ce salon se fera avec vous et pour vous. Dans les prochains mois, vous recevrez une invitation pour y réserver un stand, gratuitement. Avant celui-la, le 7 février 2015, nous organiserons ici un salon de l’étudiant. Et croyez-moi, à tous nos jeunes, nous leur parlerons métiers. 9 Vous le voyez, il y de quoi rester optimiste. Aidons-nous, encourageons les jeunes à saisir toutes ces opportunités. Je crois qu’ils méritent cette attention de notre part ! Nous autres élus, avons besoin de vous. C’est un partenariat gagnant/gagnant. A Poissy, nous avons baissé le taux de la CFE, l’ancienne taxe professionnelle. Elle avait augmenté de 60% il y a deux ans. A rien y comprendre ! Aujourd’hui, avec cette baisse, nous avons voulu vous envoyer un signal fort. Celui d’un soutien affirmé. Il est désormais loin le temps où on regardait passer les trains. Celui du développement économique territorial entre en gare. Poissy et Le Val de Seine s’apprêtent à monter dedans. Pas en seconde classe, pas en première classe. A la place de la locomotive. Acteur de notre vie, jamais plus spectateur de celle des autres ! Je vous remercie de votre attention. 10 MERCI Un très grand merci à la SEMAP de Poissy pour l’organisation de cette soirée. Fabrice Moulinet, son directeur général, Sophie Simonin et frédérik Charpentier, ses directeurs délégués. Merci Sophie. Merci à l’Association Entreprise et Passion, son président Vincent de Louvigny et Gaelle Pelatan sa secrétaire générale. Merci aux agents de la Ville de Poissy qui n’ont pas ménagé leurs efforts dans cette organisation. Merci Pierre Bédier, Merci David Douillet, Merci Gérard Bachelier. Et enfin Merci à vous. Ce n’est que le premier chapitre d’une histoire que nous allons écrire ensemble. Place au verre de l’amitié ! Bonne fin de soirée !