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Karl Olive,
Maire de Poissy,
Vice-président de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise
Vice-président du Conseil départemental des Yvelines

 

Monsieur le Ministre, Cher David Douillet,

Monsieur le Vice-Président du Conseil départemental des Yvelines, Cher Jean-François Raynal,

Monsieur le Conseiller régional, Cher Eddie Aït,

Mesdames et Messieurs les Elus,

Mesdames et Messieurs les Anciens Combattants,

Mesdames et Messieurs,

Chères Pisciacaises et Chers Pisciacais,

1945-2015. 70 années ont passé. Personne n’a oublié. Mais qui peut oublier l’horreur, l’indicible ? Un ancien déporté dira à sa libération : « J’ai résisté pour pouvoir témoigner » Si la libération du premier camp de concentration eut lieu le 28 septembre 1944 avec le camp de Lubin-Maidanek, le grand public ne découvrit la vérité de cette abomination qu’en 1945 lorsque les Alliés libérèrent Auschwitz le 27 janvier, Buchenwald et Dora le 1er avril, Bergen Belsen le 15 avril, Dachau, Ravesbrunck les 29 et 30 avril et enfin Mathausen les 4 et 5 mai. La libération des camps de concentration dura 4 mois. Mais pour beaucoup de déportés, cette période fut la plus difficile de leur détention. Devant l’avancée des armées alliées, les nazis ordonnèrent l’évacuation des camps, lançant sur les routes des milliers d’hommes et femmes affamés et affaiblis. Ce sont les fameuses «marches de la mort» pendant lesquelles de nombreux déportés périrent d’épuisement ou exécutés par les S.S quand ils ne pouvaient plus avancer.

*** Auschwitz : le 26 novembre 1944. Le Reichsführer Himmler, sentant la libération proche, décide la destruction des chambres à gaz et des crématoires, espérant cacher les exterminations massives aux vainqueurs. Auschwitz : le 20 janvier 1945. Les Allemands dynamitent le dernier four crématoire. Avant de quitter le camp, les nazis brûlent les archives, espérant dissimuler l’ampleur du massacre. L’évacuation du camp commence le 17 janvier 1945. Seuls les malades restent sur place. Les valides sont évacués vers d’autres camps comme Buchenwald ou Mauthausen. Le 27 janvier 1945, l’Armée Rouge arrive à Auschwitz. Elle retrouve 7650 personnes sur les 200.000 présentent dans le camp avant l’évacuation. En arrivant à Auschwitz-Birkenau, les soldats soviétiques découvrent, horrifiés, l’état des survivants. Ils ne s’attendaient pas à cela. Ils ne s’attendaient pas à cette horreur. Quel être humain digne de ce nom peut penser, peut imaginer, exterminer des millions de femmes, d’hommes et d’enfants ? Dans son livre « Avant et après Auschwitz » le général soviétique Petrenko, libérateur du camp d’Auschwitz, décrivit ainsi l’insoutenable découverte : « Des détenus émaciés, en vêtements rayés s’approchaient de nous et nous parlaient dans différentes langues. Même si j’avais vu bien des fois des hommes mourir au front, j’ai été frappé par ces prisonniers, transformés par la cruauté jamais vue des nazis, en véritables squelettes vivants. J’avais bien lu des tracts sur le traitement des juifs par les nazis, mais on n’y disait rien de l’extermination des enfants, des femmes et des vieillards. Ce n’est qu’à Auschwitz que j’ai appris le destin des juifs d’Europe. Deux femmes se sont approchées de moi, m’ont embrassé. Ces gens pouvaient encore sourire, mais il y en avait qui ne pouvaient plus que tenir debout en silence : des squelettes vivants, pas des hommes. 

J’ai aussi vu des enfants… c’était un tableau terrible : ils avaient le ventre gonflé par la faim, les yeux vagues, des jambes très maigres, des bras comme des cordes et tout le reste ne semblait pas humain - comme si c’était cousu. Les gamins se taisaient et ne montraient que les numéros qu’on leur avait tatoués sur le bras. Ces gens n’avaient pas de larmes. J’ai vu comment ils essayaient de s’essuyer les yeux, mais ils restaient secs. 

*** «Si le concept de l’extermination totale des juifs est déjà présent dans «Mein Kampf», il semble que la décision finale ait été prise au début de 1939. Le 30 janvier 1939, lors d’un discours au Reichstag, Hitler menaça publiquement les juifs d’une «extermination totale si une guerre mondiale venait à éclater». En octobre 1939, Adolf Eichmann fut placé à la tête du département responsable de l’évacuation et de l’émigration des juifs. En juillet 1940, en collaboration avec le ministère des Affaires Etrangères, Eichmann étudia différents plans d’»évacuation» des juifs vers Madagascar. Le début de la guerre rendit ces plans inapplicables. En juillet 1941, peu après l’invasion de la Russie, Goering ordonna à Reinhard Heydrich de mettre sur pied la «Solution finale du problème juif». Les camps de concentration verront plus de 6 millions de personnes exterminées.

*** 1945-2015. 70 ans ont passé. Nous nous devons de ne pas oublier. Nous nous devons de ne pas oublier ce qui ne sera – jamais – un détail de l’histoire. Nous nous devons de ne pas oublier car aujourd’hui, dans le monde mais aussi en France, 70 ans après ces abominations, des hommes, mais peut-on les appeler ainsi, tuent, massacrent, des hommes, des femmes et des enfants simplement parce qu’ils sont juifs. Au nom de leur intégrisme, ils voudraient que notre société se soumette aux diktats d’un radicalisme que notre République ne saurait accepter. Les événements tragiques que notre pays a connus au mois de janvier dernier ont démontré que les Français savaient se rassembler quand l’essentiel était en danger. L’essentiel c’est aujourd’hui le savoir vivre ensemble. La concorde, dans le respect de la laïcité de notre société et dans le respect des croyances de chacun qui appartiennent à nos vies privées. *** Nous avons la chance, à Poissy, de connaître une entente réelle et bienveillante entre toutes les communautés. Il y a quelques semaines, j’ai réuni, en Mairie, notre maison commune, l’ensemble des représentants des quatre grandes religions monothéistes. Juifs, Musulmans, Catholiques, Protestants assis autour d’une même table pour discuter ensemble de nos différences mais aussi, et surtout, de tout ce qui nous rassemble à commencer par notre beau pays, la France. Car avant d’être Juif, Musulman, Catholique ou Protestant, nous sommes d’abord et avant tout Français. Unis, derrière une Nation millénaire dont l’histoire, la grandeur, l’influence en font encore aujourd’hui une des premières puissances mondiales mais aussi un pays reconnu et apprécié pour son rayonnement intellectuel et culturel. Nous nous devons aujourd’hui, encore plus qu’hier, œuvrer ensemble pour que nos enfants et nos petits-enfants continuent de connaître la paix que nous avons la chance de vivre depuis maintenant 70 ans. Notre République est solide. Elle se doit de ne pas céder à l’isolement et au repli sur elle-même au travers de certaines idéologies savamment saupoudrées çà et là. Ce devoir, c’est nous qui le tenons. Dans notre cœur, dans notre esprit, dans nos mains. Choisissons le partage, l’écoute et le respect des autres plutôt que l’ignorance, le mépris qui conduisent toujours à la haine et à l’horreur. Chaque être humain est riche, riche de ses cultures, de ses différences. Partageons-les pour que demain notre Nation sorte plus forte de ces jours difficiles. Comme le disait le Général de Gaulle : « En notre temps, la seule querelle qui vaille est celle de l’homme. C’est l’homme qu’il s’agit de sauver, de faire vivre et de développer. »

Vive Poissy, Vive la République et Vive la France !