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Karl Olive,
Maire de Poissy,
Vice-président de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise
Vice-président du Conseil départemental des Yvelines

 

Monsieur le Ministre, Cher David Douillet

Monsieur le Conseiller régional, Cher Eddie Aït

Monsieur le Vice-Président du Conseil départemental, Cher Jean François Raynal

Madame la conseillère départementale, Chère Elodie Sornay

Mesdames et Messieurs les Maires

Mesdames et Messieurs les Elus,

Mesdames et Messieurs,

Chers Pisciacaises, Chers Pisciacais,

8 mai 1945 – 8 mai 2015 : cette date, oh combien historique, que l’on commémore aujourd’hui, marque la fin d’une immense tragédie humaine. Devant nos monuments, la France rend hommage à toutes les victimes militaires ou civiles emportées par cette guerre et qui n’ont pu vivre ce jour de liberté. La France exprime sa gratitude à celles et ceux qui, chacun à leur manière, ont su se dresser et dire «non» à l’ennemi. En ce jour si particulier pour notre Nation, la France renouvelle aussi sa reconnaissance à tous ces soldats venus d’au-delà des mers pour sauver la Liberté, pour sauver notre liberté.

*** Les conflits naissent souvent de l’ignorance de l’autre. Du repli sur soi naît la tentation de développer sa propre vérité puis de la rendre peu à peu hégémonique. Le nazisme a créé une réalité que l’on sait: la puissance de la force et de la peur, l’enrôlement et le travail forcés, les camps de concentration et d’extermination... Une réalité qui s’est écroulée au milieu de ruines, dans le fracas des armes. La capitulation de l’Allemagne Nazie, le 8 mai 1945 est gravée dans la mémoire de tous les peuples. Elle signifie la fin d’une immense tragédie et la défaite d’une idéologie barbare. 70 ans après cette journée hautement mémorable, La France se souvient, de ses enfants tombés au champ d’honneur et de toutes celles et de tous ceux qui payèrent de leur vie, le prix de la liberté. Nous leur avons rendu, il y a quelques instants, un hommage empreint de gratitude et d’émotion au monument aux morts du cimetière de la Tournelle.

*** 8 mai 1945 – 8 mai 2015 : 70 ont passé mais nous sommes toujours aussi émus pour évoquer ce qu’a été la seconde guerre mondiale pour la France et pour l’Europe. Tout simplement parce que nous sommes et nous serons toujours débiteurs de celles et ceux qui ont répondu alors à l’appel de la Nation, qui ont fait leur devoir, qui se sont engagés pour relever le pays, lui assurant sa place et son avenir dans le Monde. Souvenons-nous notamment de 1941 et du serment de Koufra, les premières liaisons aériennes Angleterre-France, le réseau du Musée de l’Homme, le ralliement des territoires lointains, les débuts de la presse résistante, la constitution du Comité National Français, les exécutions du Mont Valérien. Le sens du Devoir, l’esprit de solidarité et de fraternité, l’abnégation et le courage ont constitué le socle de la Résistance extérieure et intérieure. Ce sont ces valeurs, portées par tant d’hommes et de femmes qui ont permis à la France d’être présente à Berlin le 8 mai 1945 pour recevoir la capitulation de l’Allemagne nazie. Mais au soir de la victoire, notre Nation sait que si elle doit sa liberté à toutes celles et tous ceux qui ont résisté et donner leur vie, elle doit aussi et surtout sa renaissance à un homme. Un homme, qui dès 1940, s’est violemment opposé à la capitulation de la France du Maréchal Pétain. Cet Homme, Charles de Gaulle, sera, pendant toute la guerre, le lien indéfectible entre un peuple qui espère et une armée des ombres qui combat l’oppresseur. Un lien indéfectible qui perdurera après la victoire et qui fera du Général un homme si à part dans notre histoire nationale. Un homme qui, revenu au pouvoir, construira aussi la République dans laquelle nous vivons encore aujourd’hui. Souvenons-nous : Lundi 17 juin 1940 au soir : le Maréchal Pétain, dans un message radiodiffusé, annonce à des Français, désemparés par les premiers mois de la guerre, la capitulation face aux Nazis. Quelques heures plus tard, le 18 juin 1940, ces mêmes Français pourront entendre le message d’un jeune général les invitant à la résistance. Cet appel, sera à la fois le 1er acte fondateur de la France Libre et le fondement du lien entre le général de Gaulle et le peuple français. Ce lien si particulier entre un homme au courage exemplaire et au destin unique et une Nation qui attendait désespérément une lueur d’espoir dans cette sombre époque de notre histoire. Dans son appel, le général de Gaulle sait faire naître l’espoir fou en parlant ainsi à nos compatriotes: « Français….le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. » Dès le lendemain de ce discours, le général de Gaulle organise la Résistance extérieure à partir de la Grande-Bretagne.

Là, il œuvre à la reconnaissance de la France Libre et tente de rassembler sous l’emblème de la croix de Lorraine, les territoires de l’Empire colonial, et tous les hommes décidés à combattre pour que la France soit présente à la Victoire. Le général de Gaulle rassemble également les combattants qui refusent de rendre les armes. Il forme alors les Forces aériennes et les Forces navales françaises libres, chargées de combattre l’ennemi, et de porter les couleurs de la France Libre dans le monde entier. À partir de 1942, le général de Gaulle opère un rapprochement avec la Résistance intérieure qui combat sur le sol de France. Il charge Jean Moulin de la création d’un Conseil national de la Résistance où tous les mouvements sont représentés pour assurer la coordination des efforts entre les Français de l’extérieur et ceux de l’intérieur. Réuni pour la première fois à Paris le 27 mai 1943 sous la présidence de Jean Moulin, émissaire du général de Gaulle, le Conseil national de la Résistance rassemble – en France occupée – des délégués de mouvements de la Résistance, de partis politiques et de syndicats. 6 juin 1944 : les premières troupes de libération débarquent en Normandie, et délivrent en quelques mois la France de l’occupant nazi. Paris et sa région sont libérés en août par la 2e DB de Leclerc. Le triomphal accueil que réservent les Français au général de Gaulle sur les Champs-Élysées marque le renouveau de l’unité nationale. Le 8 mai 1945, comme l’avait voulu le général de Gaulle cinq ans plus tôt, la France est présente à la table de la Victoire. Forts de nos convictions républicaines, nous devons rappeler que le 8 mai devient chaque année davantage le moment de symboliser et de porter les valeurs de respect et de dignité tirées des enseignements de notre histoire. Le 8 mai 1945, c’est la fin de la peur, l’avènement de l’espoir. Comme le Général De Gaulle, tous ont eu foi en notre pays. Grâce à ces hommes et ces femmes, réunis par un idéal commun, la France a pu, après la guerre, retrouver son rang dans le concert des Nations. N’oublions pas les mots du Général de Gaulle : « Telle est la résistance française : indivisible comme la France elle-même qu’elle défend et qu’elle exprime, contribution nationale à notre pays martyrisé à la grande cause dont il fût, dont il est, dont il demeurera le champion, ardeur puissante et fraternelle d’où sortira le renouveau de la Patrie »

*** En 5 années d’un combat sans faille, le général de Gaulle a rendu à notre Nation l’honneur perdu le jour de la capitulation du Maréchal Pétain. Winston Churchill l’avait bien compris, lui qui, dans ses mémoires, écrivit qu’au lendemain du discours du 18 juin 40 « De Gaulle emportait avec lui l’honneur de la France ». À la Libération, le général de Gaulle retrouve une France dont l’administration, les finances et la production sont totalement désorganisées, voire détruites. Il engage alors le pays dans un vaste plan de reconstruction économique, sociale et politique qui doit ouvrir la voie à une France nouvelle et moderne. discours du maire discours du maire 8 mai 1945 – 8 mai 2015 Ce sont ces mêmes hommes et ces mêmes femmes qui, après avoir fait gagner la France, se sont engagés dans un nouveau défi : construire une Europe de Paix. 70 ans ont passé. La France, l’Allemagne, l’Europe vivent en paix. Mais une autre guerre nous menace. Une guerre qui ne dit pas son nom mais qui est là, tapie dans l’ombre, prête à surgir, à tout moment. Cette guerre c’est le terrorisme. Que notre République, que l’Europe, doivent combattre. Car la France n’est pas seule à être visée. Depuis les événements tragiques de janvier dernier, de très nombreux militaires sont déployés sur notre territoire pour la protection des sites sensibles et de la population. Je voudrai, ici en notre nom à tous, leur rendre un vibrant hommage. Nos militaires, en France, comme sur les théâtres des opérations extérieures, mènent, avec le courage qui les caractérise, des actions difficiles au péril de leur vie.

*** A Paris comme à Copenhague, comme à Tunis, au nom d’une idéologie dévoyée, certains voudraient, au travers de lâches attentats, que nos sociétés capitulent devant un radicalisme que notre République ne saurait accepter. Le 8 mai 1945, nos anciens devaient reconstruire une Nation sur les ruines encore fumantes de la guerre. Aujourd’hui, pour notre génération, l’essentiel réside dans la reconstruction du savoir vivre ensemble. Rétablir la communication, l’écoute entre chaque communauté de notre Nation, dans le respect de la laïcité et des croyances de chacun.

*** Car avant d’être Juif, Musulman, Catholique ou Protestant, nous sommes d’abord et avant tout Français. Unis, derrière une Nation dont l’histoire, l’influence, en font encore aujourd’hui une des premières puissances mondiales. Nous nous devons d’œuvrer ensemble pour que nos enfants et nos petits-enfants continuent de connaître la paix que nos anciens ont voulue pour nous le 8 mai 1945. Le chemin ne sera facile que si chacun fait l’effort d’aller vers l’autre, de comprendre ses différences et de les accepter. Et si de l’autre, la République française, par ses lois, ses choix politiques, éradique à jamais le mal qui gangrène notre société. Chers Pisciacaises, chers Pisciacais, Il y a 70 ans le général de Gaulle nous montrait la voie en redonnant la liberté à notre Nation et en posant les fondations de la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Restions fiers de cet héritage, faisons le fructifier. Souvenons-nous des mots de cet homme qui aujourd’hui encore sont d’actualité : « La France, tout en se dotant des moyens pour rester ellemême et survivre quoi qu’il arrive, continuera à travailler partout et d’abord sur notre continent, d’une part pour l’indépendance des peuples et la liberté des hommes, d’autre part pour l’entente, la coopération autrement dit la Paix. »

Plus que jamais, mes amis, Vive Poissy, Vive la République, Vive la France !