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Karl Olive,
Maire de Poissy,
Vice-président de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise
Vice-président du Conseil départemental des Yvelines

 

Mesdames et Messieurs les Elus,

Mesdames et Messieurs les Porte-Drapeaux,

Mesdames et Messieurs,

Le 8 juillet 1943 disparaissait Jean Moulin victime des tortures infligées par les Nazis. Par ses actions, ses rebellions, Jean Moulin est devenu l’un des héros de la résistance, l’un des héros de la France libre dans laquelle nous avons, chacun d’entre nous, la chance de vivre aujourd’hui. Souvenons-nous de Jean Moulin. Préfet d’Eure-et-Loir, Jean Moulin a vu arriver les premières troupes allemandes à Chartres, dans une ville désertée par ses élites. Lui a choisi de rester à son poste et de faire fonctionner les services administratifs confrontés à l’afflux des réfugiés jetés sur les routes de l’exode. Le 17 juin 40, Jean Moulin refuse de signer un document qui lui est présenté par des officiers allemands : ce texte accusait des troupes coloniales françaises d’être responsables d’un massacre de civils accompagné de viols. Il est arrêté. C’est alors qu’il tente de se suicider parce qu’il craint de flancher devant l’ennemi. Il s’ouvre la gorge avec un tesson de bouteille ; il sera sauvé de justesse. Ce jour-là, Jean Moulin choisit de dire « non ». Et ce « non » va guider le reste de sa vie. Quelques jours plus tard, le Gouvernement de Vichy le révoque. A l’hiver 1940-1941, Jean Moulin cherche à évaluer l’importance des premiers noyaux de résistants et surtout leurs besoins. Prenant des contacts, il rencontre François de Menthon, à la tête du mouvement Liberté, et surtout Henri Frenay, qui fait alors partie du Mouvement de libération nationale le MLN. Arrivé à Lisbonne en septembre 1941, Moulin décide de partir pour Londres plutôt qu’aux États-Unis où Pierre Cot le presse de le rejoindre. Son but ? Demander à Londres de l’argent et des armes, une aide extérieure dont il se souvient combien elle aurait été précieuse aux républicains espagnols en 1936. Pour autant, l’ancien préfet ne sait pas encore auprès de qui il va obtenir l’aide militaire qu’il espère : les Français libres ou les Anglais ? Peu de temps après son arrivée à Londres, Jean Moulin rencontre Charles de Gaulle. De Gaulle donne à Moulin l’argent qu’il demande et lui confie la tâche de le répartir. Jean Moulin - alias Rex - retourne donc pour la France, où il est parachuté le 2 janvier 1942. Selon la formule de Daniel Cordier, son secrétaire, « parti à Londres en porte-parole de la Résistance, Moulin revient en France le 2 janvier 1942 comme ambassadeur du général de Gaulle » . Le rôle que lui a confié de Gaulle est triple : une mission de propagande, une mission militaire, il lui faut jeter les bases d’une armée secrète, et enfin une mission politique car il devient, de fait, le représentant personnel du général de Gaulle en zone non occupée, où il est chargé de placer la Résistance intérieure dans la mouvance de la France libre londonienne. 

Pour Moulin, comme pour de Gaulle, le but est alors de redonner à la France son rôle au sein des forces alliées et de gagner la guerre : les résistants sont une armée de l’ombre qu’il faut parvenir, coûte que coûte, à discipliner et à unifier. Moulin ne déviera jamais de cette fidélité au général de Gaulle, qui, dans un courrier daté du 22 octobre 1942, terminait sa lettre à Jean Moulin par ces mots « Je tiens à vous redire que vous avez mon entière confiance ». Il revient, à Jean Moulin, et à lui seul, d’être un intermédiaire spécifique entre la France libre et les mouvements de la Résistance intérieure. Il obtiendra des chefs des trois plus importants mouvements de résistance, Combat, Libération-Sud, Franc-Tireur, l’unification presque complète de leurs services en janvier 1943 ; C’est sous son impulsion que se réunit pour la première fois, le 27 mai 1943, un Conseil National de la résistance, le CNR. Pour se protéger, Jean Moulin a trouvé une ruse : il ne sera jamais un clandestin ; Il mènera une double vie. Au sud d’Avignon, il a une existence légale : il est Jean Moulin, ancien préfet, propriétaire terrien. Un homme dont Vichy connaît les tendances politiques, mais qui semble inoffensif. Au nord, il se cache sous des pseudonymes nombreux, comme Rex ou Max. On ne le rencontre jamais directement : il faut, pour avoir un contact avec lui, passer par Daniel Cordier. Ce double cloisonnement va se révéler très efficace jusqu’à la fin. Car le délégué personnel du général de Gaulle auprès de la Résistance intérieure travaille avec seulement une vingtaine de personnes, toutes très jeunes - elles ont 20-22 ans en moyenne -, des courriers, des agents de liaison, et ceux qui sont chargés de coder et de décoder les messages. Sa vie, assez solitaire, ne signifie pas pour autant que Moulin vit cloîtré. A Lyon, il circule sur les quais de la Saône et du Rhône, sans document sur lui, mais aussi sans garde du corps. Et puis vint l’année noire. L’arrestation de Jean Moulin. A Caluire. Le 21 juin 1943. Jean Moulin mourra des suites des tortures infligées par Klaus Barbie. *** En ce jour où nous commémorons Jean Moulin mais aussi l’ensemble de nos héros résistants, je voudrais aussi rendre hommage aux trois résistants pisciacais fusillés par les Allemands le 21 août 1944 - Jean-Claude Mary, - Georges Constanti - Louis Lemelle Leurs actions comme celles de Jean Moulin n’auront pas été vaines. Leur travail, si essentiel, permettra à la résistance française de poursuivre ses actions et d’atteindre son but : la libération de la France. Retenons , en ce jour de souvenir, les mots de Jean Moulin, cet homme au courage admirable qui disait : « Je ne savais pas que c’était si simple de faire son devoir quand on est en danger » Mais si l’on fait de la mémoire nationale un bloc, Moulin demeure bien – comme le disait André Malraux - sinon « le visage de la France » , du moins celui de la France qui avait su dire « non »

Vive Poissy, Vive la République, Vive la France !