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Karl Olive,
Maire de Poissy,
Vice-président de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise
Vice-président du Conseil départemental des Yvelines

 

Monsieur le Ministre, Cher David Douillet,

Madame la Sénatrice, Chère Sophie Primas,

Monsieur le Vice-Président du Conseil départemental, Cher Jean-François Raynal,

Monsieur le Maire de Carrière Sous Poissy, Cher Christophe Delrieu,

Mesdames et Messieurs les Elus,

Mesdames et Messieurs les Porte-Drapeaux,

Mesdames et Messieurs les représentants de la gendarmerie et de la police nationale,

Mesdames et Messieurs les représentants des Pompiers et de la protection civile,

Messieurs les membres des amicales de la Légion Etrangère de Rambouillet et du Val d’oise

Mesdames et Messieurs,

Chers Pisciacaises, Chers Pisciacais,

Je voudrai aussi saluer la présence de Monsieur Yvan Constanti, neveu de Georges Constanti, l’un des Héros de la Libération de Poissy. Nous sommes réunis ce matin dans notre chère Ville de Poissy pour rendre hommage à ceux dont le courage, la folie de leur jeunesse aussi, ont permis la libération de notre mère patrie. Bien souvent au péril de leur vie. Ma génération, qui a eu la chance de ne pas connaître la guerre, a un devoir. Celui d’honorer la mémoire de ces héros, célèbres ou anonymes, dont les sacrifices nous permettent aujourd’hui de vivre en paix. La seconde guerre mondiale fut longue, rude, âpre. La libération de nos villes, de notre pays, fut le prolongement de la formidable épopée que fut le débarquement en Normandie, le 6 juin 1944. Baptisé du nom de code « overlord », cette opération aéronavale demeure la plus gigantesque de l’Histoire, remarquable autant par les qualités humaines de ses participants, que par les prouesses en matière d’organisation logistique et d’innovation industrielle et technique. Ce débarquement, tant attendu, tant espéré par les résistants français, allait permettre peu à peu de repousser l’ennemi, puis, de le chasser définitivement du sol de notre pays. Le général de Gaulle ne s’y était pas trompé. Quelques jours après le DDay, le 14 juin 1944, le contre-torpilleur « la Combattante » des Forces Françaises Libres, approche des côtes normandes. A son bord, le général de Gaulle accompagné de ses plus proches collaborateurs. En début d’après-midi, le Général foule, pour la première fois depuis quatre ans, le sol de France sur la plage de Courceulles. Après une brève entrevue avec le général Montgomery, il prend la route de Bayeux où il fait une entrée triomphale, accueilli par une population ébahie. Lors de sa courte allocution prononcée sur la place du Château, Charles de Gaulle aura ces mots prémonitoires : « Notre cri maintenant, comme toujours, est un cri de combat, parce que le chemin du combat est aussi le chemin de la liberté et le chemin de l’honneur » En rejoignant dans la soirée « La Combattante », le Général de Gaulle sait que ce 14 juin 1944 aura été d’une importance Cérémonie patriotique / Cimetière de la Tournelle Dimanche 30 août 2015  Maire de Poissy, Vice-président du Conseil départemental des Yvelines Président de la communauté d’agglomération C.A.P.A.C capitale pour l’avenir de la France. Car, en quelques heures, il a su montrer aux alliés, le président Roosevelt en tête, qu’il était bien le chef de la France libre, le seul homme espéré par le peuple français et auquel le destin de ce pays bientôt libéré pouvait être confié.

*** Mais cette libération s’obtiendra au prix de milliers de jeunes vies arrachées au petit matin sur nos plages normandes. Utah, Gold, Juno, Sword, Omaha Beach, autant de noms, autant de plages, sur lesquelles, aujourd’hui encore, résonne le souvenir de ces jeunes vies fracassées. Fracassées au nom de notre liberté.

*** « Les sanglots longs des violons de l’automne, blessent mon cœur d’une langueur monotone » En cette nuit du 5 au 6 juin 1944, ces deux vers de Paul Verlaine diffusés à la BBC réveillent brutalement les réseaux de résistants français et les plongent dans le feu de l’action. En cette nuit cruciale où les armées alliées, jouant la totale surprise, ont déjà commencé le combat, un vaste plan de sabotage est déclenché, voies de chemin de fer, lignes téléphoniques, un plan de sabotage qui va mobiliser des centaines de Français inconnus et discrets. André Héricy, habitant d’un petit village au sud de Caen, est un de ces soldats de l’ombre. Il a alors 23 ans. Il raconte : « Il suffisait de regarder ce qu’il se passait dans le ciel pour savoir que le jour J était arrivé et que la liberté, qui était notre seul idéal, allait triompher ». 

Oui, le grand jour était enfin arrivé ! Dès l’aube, une armada de 4266 navires de transport et 722 navires de guerre s’approche des côtes normandes. Elle s’étale sur un front de 35 kilomètres et transporte pas moins de 130 000 hommes. Britanniques, Américains, ou Canadiens pour la plupart. 10 000 avions la protègent. Parmi les soldats alliés qui débarquent sur nos côtes normandes, 177 soldats français du Commando Kieffer, intégrés à la brigade du Lord Lovat, débarquent à Sword Beach. Parmi eux, l’aumonier René de Naurois, qui abordera la prise du port d’Ouistreham sous l’uniforme du Commando. Il raconte : « Nom de Dieu, nom de Dieu ! « Eh bien, oui, les soldats juraient ! Avec fougue. Avec foi. Parce que pour sauter du bateau, avancer dans la mer sous les obus et la mitraille, et foncer sur la plage en surmontant la trouille qui vous mord le ventre, eh bien il fallait être furieux ! Sauvagement furieux ! Il fallait vouloir casser la gueule de l’ennemi. Et sentir que la bataille était juste. Qu’on était des combattants au service de la justice, du Droit avec une majuscule, et de la paix. Et que pour les obtenir, il fallait malheureusement se battre. Alors ce « Nom de Dieu « que les hommes poussaient ensemble était presque une prière, une invocation pieuse. Il donnait du courage. Le courage de passer par la guerre. « J’étais content d’être là. J’étais fier des soldats. Anglais, Français, catholiques, anglicans, qu’importe ! J’étais leur aumônier à tous. Je les trouvais magnifiques. Et je ne me demandais pas ce qu’un prêtre faisait là. Cela me semblait naturel d’être avec eux en première ligne. Et je sais qu’eux aussi aimaient cela. Je n’avais tout de même pas quitté la France ni mes amis de la Résistance pour rester à Londres le derrière sur une chaise ! D’ailleurs c’était la tradition, en 14-18, que l’aumônier en soutane aille au front ! Un agneau au milieu des loups ? Vous plaisantez ! Je n’ai jamais vu des hommes aussi prêts à la mort et aussi proches de Dieu. C’était un jour immense. » Sur les 177 hommes du commando Kieffer qui débarquèrent le 6 juin, 10 furent tués le jour même, et 24 seulement terminèrent la campagne de Normandie sans avoir été blessés. Après 78 jours de déploiement alors qu’ils ne devaient initialement combattre que 3 ou 4 jours. 27 furent tués au combat.

*** Que de sang versé ! En une seule journée ! Que de vies sacrifiées ! Mais quel espoir redonné, insufflé, à tout un peuple ! Au soir du 6 juin, 135 000 hommes ont déjà réussi à poser le pied sur le sol français. Les émouvants cimetières blancs des falaises normandes, notamment celui de Colleville, témoignent encore aujourd’hui du prix de ces actions héroïques. Quelques semaines plus tard, les premières villes françaises étaient libérées. Les Alliés pouvaient alors marcher vers Paris et libérer sur leur passage l’ouest parisien. Notre chère Ville de Poissy sentit, au mois d’août 44, que le parfum de la liberté se rapprochait à grand pas. Mais la libération de notre cité, tant attendue, fut précédée d’un terrible mois d’août où l’armée allemande, acculée, ne recula devant aucune atrocité. Le 18 août 1944, Poissy connut un bombardement dont le bilan humain sera terrible. 3 adultes et 8 enfants périront. On dénombrera aussi une dizaine de blessés. Les jours suivants se succéderont dans un climat de tension extrême entre les pisciacais traumatisés et l’occupant aux abois.

*** Les journées des 20 et 21 août resteront également dans les mémoires pisciacaises comme deux journées excessivement éprouvantes. Le 20 août commence par le recueillement du Maire et du conseil municipal devant les cercueils des victimes déposés dans le hall de la Mairie. Dans le même temps, un soldat allemand est tué rue Victor Hugo ce qui provoque la fureur du commandement allemand. Le 21 août, se déroulent les obsèques des victimes du bombardement du 18 . Les allemands présents en nombre dans la ville découvrent, sur dénonciation, un groupe de six hommes retenant prisonniers trois soldats allemands. Ce groupe est composé de résistants, membres des FFI, Forces Françaises Intérieures, et de quatre soldats français en uniforme de tirailleurs sénégalais évadés des mains de l’armée allemande. Le groupe est fait prisonnier et l’un des tirailleurs blessés sera exécuté place de la République devant le Maire, les adjoints et de nombreux Pisciacais. Vers 17h, ce 21 août 1944, le commandement allemand emmena les trois FFI et les deux tirailleurs ainsi que celui qui les avait dénoncés. La suite est,hélas, connue de tous les Pisciacais. Stoppés à la lisière de la forêt, ne pouvant se rendre sur Paris comme ils le souhaitaient, les soldats allemands décident de se débarrasser des 5 résistants et du traitre. 5 lâches assassinats qui ont transformé ces résistants FFI en héros de notre libération. 71 ans ont passé. Souvenons-nous aujourd’hui de ces hommes, de ces héros qui se sont sacrifiés pour notre liberté. Jean-Louis Lemelle Georges Constanti Jean-Claude Mary Cam Diope Gueranda Souvenons-nous aussi de Michel Jeunet . Jeune FFI, il fût arrêté dans la soirée du 25 août en compagnie de trois de ces compagnons. Leur voiture, en provenance de Villennes, transportait des armes. Il n’eut pas la chance de ses compagnons, qui survécurent aux balles tirées par les Allemands. Il mourut le soir même. Les 72 heures qui précédèrent la libération de Poissy furent terribles. Mais à 16h, le 26 août 1944, venant de Villennes, les Chars américains entraient dans Poissy par l’avenue de Migneaux. Les Américains prirent rapidement position sur les bords de la Seine puis continuèrent leur route vers les communes voisines sous les regards heureux et reconnaissants de nos concitoyens. La Cité du bon Roi Saint Louis était enfin libérée ! Mes chers amis, Nous sommes ici, autour de ce monument aux morts sur lequel sont inscrits les noms des Pisciacais Morts pour la France lors de la seconde guerre mondiale.N’oublions pas les noms des déportés, assassinés au nom de l’idéologie barbare des Nazis.71 ans ont passé. Nous n’oublions pas. Nous n’oublierons jamais. Nous n’oublierons jamais le sacrifice de leurs jeunes vies. Antoine de Saint-Exupéry, qui fût pilote de guerre, disait que « le plus beau métier de l’homme était le métier d’unir les hommes » Puissions-nous ne jamais l’oublier, pour que la paix que nous vivons aujourd’hui perdure et berce la vie de nos enfants, de nos petits-enfants et un jour, nous ne serons plus là, de leurs propres petits-enfants. Pour que ces vers de Paul Eluard écrits en 1942 résonnent à jamais comme la seule réalité de leurs vies. « Sur la santé revenue Sur le risque disparu Sur l’espoir sans souvenir J’écris ton nom Et par le pouvoir d’un mot Je recommence ma vie Je suis né pour te connaître Pour te nommer Liberté. »

Vive Poissy, Vive la République ! Vive la France !